L’ile de Pâques

Au milieu du Pacifique Sud

D’une superficie de 16 628 hectares, l’île de Pâques est un minuscule triangle de terre, perdu au milieu du Pacifique Sud.

3700 km la sépare des côtes chiliennes et 4000 km de Tahiti. Vers le Nord et le Sud, les distances sont toujours aussi vertigineuses avec 3800 km jusqu’aux Iles Galapagos et
5000 km jusqu’à l’Antarctique.

Climat

Le climat est subtropical avec une température annuelle moyenne de 21°C. Les pluies sont faibles mais fréquentes, car réparties sur toute l’année.

Une ile Polynésienne

Colonisée par un groupe de polynésiens vers le Ve siècle, l’Ile de Pâques est considérée comme la frontière extrême-orientale de la Polynésie. Elle forme, avec l’archipel de Hawaï au nord et la Nouvelle-Zélande au sud, une des limites de cette vaste partie du monde éclatée en ilôts.

Une origine volcanique

Il y a deux millions d’années, le volcan Poike surgissait des eaux. Il fut suivi, un million d’années plus tard, par le Rano Kau, puis 760 000 ans après, par le Maunga Terevaka.

Aujourd’hui éteints, ces trois volcans forment les trois extrémités principales de l’ïle.

Une lagune salvatrice

Le microclimat de la lagune du Rano Kau a permis la prolifération d’une importante végétation, principalement composée de joncs et de totoras. Ces derniers forment une couche épaisse et résistante, capable de supporter le poids d’un homme. Jusqu’en 1973, les Rapa Nui venaient quotidiennement chercher de l’eau douce dans la lagune du Rano Kau.

Le volcan Rano Kau

La dernière éruption du Rano Kau remonte à 10000 ans. Son cratère, situé à 250 mètres au dessus du niveau de la mer, mesure plus d’un kilomètre de diamètre et abrite une lagune de 280 mètres de profondeur.

Balayée par les vents

L’Ile de Pâques est loin d’être paradisiaque. D’aspect aride, elle ne possède aucun cours d’eau. Son sol, sans cesse balayé par les vents marins, est très pauvre en végétaux. Il est presque entièrement recouvert d’une herbe rase et jaune.

Cet état de désolation est largement dû à l’élevage intensif de moutons que les Anglais pratiquèrent sur l’île pendant la première moitié du 20e siècle. De plus, la terre végétale n’atteignant que 50 cm de profondeur, il est très difficile pour des arbres d’y maintenir leurs racines.

Grottes et voies souterraines

Issues de la lave des volcans, les côtes de l’Ile de Pâques sont rocheuses et très souvent escarpées.
Percées de cavernes, elles mènent parfois à de profondes grottes souterraines qui traversent le sol de part en part.

On en compte plusieurs centaines dont beaucoup ont servi de refuges aux Rapanui pendant des siècles.

Faune et flore

Il n’existe aucun animal autochtone sur l’île. Toutes les espèces présentes, actuelles ou passées, ont été implantées par l’Homme. Les rats et les poules, amenés par les Polynésiens, furent pendant longtemps les seules sources de viande. Puis vinrent s’ajouter avec l’arrivée des Européens, des chevaux, des bovins et des moutons.

Des essences d’arbres plantées par les premiers arrivants, seuls les bananiers se maintinrent jusqu’à nos jours.
Les cocotiers qui bordent actuellement la plage d’Anakena, au nord-est de l’île, ont tous été plantés au 20e siècle.

Le sophora Toromiro

Le toromiro est un petit arbre qui appartient à la famille des Fabaceae : groupe d’une douzaine d’espèces dont la quasi-totalité pousse dans les îles du Pacifique. Ces fleurs sont jaunes et tubulaires. N’ayant été retrouvé nulle part ailleurs sur Terre, il semble que cet arbuste soit originaire de l’île de Pâques (les plus anciennes traces datant d’au moins 35 000 ans).

Largement utilisé comme matériau par les anciens sculpteurs de moai de bois, et achevée par les moutons introduits plus tards par les Européens, l’essence a disparu de l’île.
Le dernier arbre de Toromiro y a été découvert en 1955, par l’archéologue Thor Heyerdhal, à l’intérieur du volcan Rano Kao. Les rares plants qui existent actuellement proviennent de ce dernier spécimen. Ils sont conservés dans des jardins botaniques au Chili (Viña del Mar) et en Norvève (Göteborg Botaniska Trädgarden). Tous les essais de réimplantation sur l’île ont pour l’instant échoué.

Le plus grand palmier du monde

Autre essence disparue de l’île, le Paschalococos disperta. De très importantes traces en ont été identifiées dans les analyses polliniques de John Flenley et S. M. King. Très proche du palmier chilien géant Jubaea chilensis, il aurait pu servir au levage et au déplacement des moais.

Le Jubaea chilensis est le plus grand palmier du monde. Son stipe peut atteindre 1,8 m de circonférence. Son autre record : la lenteur de croissance… Ce palmier étant monoïque, un seul spécimen peut produire des graines fertiles. Chaque fruit contient une graine 3 cm de long, qui ressemble à une mini noix de coco.
Des datations au carbone 14 démontre que le Paschalococos disperta fut présent sur l’île jusqu’au 17è siècle. Son extinction correspondrait à la phase de décadence des moais de pierre.